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Billet du 16 juillet 2023


Dans ce billet on parle
– du nouveau sur les nouveaux OGM
– d’un livre ‘Faire ses graines c’est facile’
– d’une jolie histoire d’infirmier
– de la suite de nos aventures au jardin de Goely (Maclas), là où s’ébat le collectif de grainiers du Pilat

  • Nouveaux OGM : Dans la perspective d’un projet de loi sur la déréglementation des nouvelles techniques génomiques (NGT) attendu en juillet, le RSP s’est joint à une centaine d’organisations européennes pour tirer la sonnette d’alarme auprès des ministres européens de l’agriculture,
    C’est le début d’une lettre ouverte co-signée par le Réseau Semences Paysannes (RSP) pour dénoncer le risque de multiplier les brevets sur le vivant et donc favoriser encore plus les géants de l’industrie semencière.
  • ‘Faire ses graines c’est facile’ : c’est le titre d’un livre qui vient de paraitre ; il est synthétique, adapté pour les personnes qui veulent se lancer dans la production de leurs propres graines. Il est rédigé par des membres d’une maison des semences, celle de Haute-Loire. Elle s’appelle Grainaille. On peut avoir un aperçu du contenu du livre.
  • Une jolie histoire,
    racontée par M. Giraud, à propos de la cèbe, ou oignon de Tarassac, un oignon traditionnel de l’Hérault presque disparu, et ‘ressuscité’ par Y. Giraud, et que nous cultivons, un excellent oignon doux :
    Guilhem cultive la cèbe de Tarassac et le barbu de Lacaune à 5 km de chez nous. Infirmier de métier,  il rêvait de cultiver les terres de son grand père. Il pensait que c’était impossible d’en vivre. Découvrant la cebe, contre l’avis des siens, il s’est mis en bio et la diffuse localement par son travail infirmier à domicile. Les personnes âgées sont ravies de retrouver la cebe de leur enfance et en parlent aux plus jeunes. C’est un autre regard sur la bio qui s’éveille dans le pays, ça fait du bien.


  • Les aventures du collectif de Goely

Début juin, les poireaux du Cheylard dressent leur tête bientôt fleurie largement au dessus des herbes sauvages qui prospèrent joyeusement avec les pluies récentes.

Désherber, désherber, désherber, ce n’est pas notre nouvelle obsession maniaque, mais une nécessité pour ne pas être avalés dans un enfer vert. A proximité de nos cultures, nous coupons ou arrachons, à la main, avec divers outils, si possible avant que ce petit monde graine, sans illusion sur qui gagne à la fin.

à la sarcleuse
à la griffe à 2 dents
à la main
à la serfouette
au plantoir
la serre après désherbage

Dans ce terrain, nous rencontrons toutes sortes de bestioles, ici une larve de coccinelle – à ne pas confondre avec celle de doryphore, qui aime les plants de pomme de terre mais aussi les plants d’aubergine.
Une autre bestiole a ravagé un carré de laitues en s’attaquant aux racines : le taupin !
Renseignement pris, il en existe au moins 4 espèces dans les potagers : le t. des moissons, le t. obscur, le t. cracheur, le t. sordide. Avec des noms pareils, on voit que la bestiole n’est pas aimée! Il parait que le ‘purin’ de fougère est un répulsif. En attendant, le mal est fait : les petites laitues ont été dévorées à la base. Il faut ressemer pour avoir suffisamment de plants pour faire de la graine.

larve de coccinelle

Nous saisissons chaque occasion de partager nos savoirs et savoir-faire.
Par exemple, pourquoi n’avons-nous pas planté les différentes variétés de tomates les unes à coté des autres? Est-ce qu’une fleur de tomate peut être pollinisée par une autre fleur, éventuellement d’une autre variété ?
Il est utile de savoir que les fleurs de tomates s’auto-pollinisent, en principe. L’organe femelle, le pistil est enfermé dans les pétales, en tête à tête avec le pollen mâle.
Mais on constate, avec les étés très chauds, que le pistil peut pointer hors de la fleur, et ainsi être pollinisé par un insecte , s’il visite la fleur en question et qu’il transporte du pollen d’une autre fleur de tomate. C’est pourquoi il est recommandé de séparer les différentes variétés de tomates de quelques mètres au moins, pour avoir moins de risque d’un croisement involontaire.


Enfin, nous avons peint la bâche de la serre au Blanc de Meudon. Il s’agit d’un produit non toxique, à base de calcaire. Le but est de filtrer un peu les rayons du soleil et donc de faire baisser la température dans la serre.


Bon été ! Un peu d’eau, pas trop chaud !

Billet du 14 juin 2023

Campanule, une fleur de début d’été

Dans ce billet, je vous raconte les aventures des Goelistes d’avril à juin.

Nous avons mis un certain temps à nous adapter à notre nouveau lieu de culture. Il a fallu nous familiariser avec l’espace (500m² de terrain – on flottait un peu), l’exposition et l’ensoleillement, les prédateurs locaux, la nature du terrain …
La première plantation a été les poireaux semés l’an dernier, que nous avions mis en jauge après notre déménagement de Chorée. Le poireau est une bisannuelle qui fleurit et graine la deuxième année, donc en 2023 pour celui-ci.

poireau résistant à la sécheresse, début avril

Nous avons semé cette année un poireau d’hiver, qui fleurira en 2024 ; il ne se croisera pas avec le premier, grâce au décalage d’une année, que nous avons planifié. Jardiner, c’est s’organiser et anticiper, encore plus quand on veut produire des graines, où il faut tenir compte des croisements possibles avec d’autres variétés. Chaque légume a ses spécificités, que vous pouvez retrouver sur ce blog, dans les fiches semences par groupes de légumes.

Nous avons ensuite fait beaucoup de plants , en petites alvéoles puis en godets, pour finir par une grosse demi-journée de plantation des variétés soigneusement étiquetées d’une sorte d’aubergine, de 2 de poivrons, 5 de laitues, 11 de tomates (photo ci dessus, avant la répartition sur le terrain).
S’y ajoutent depuis : 2 types d’oignons, 2 de choux, une betterave et 4 haricots.
En plus, les bénévoles bien impliqués, et qui peuvent, ont adopté des variétés dans leur propre jardin.

Si tout va bien, nous ferons cette année une grosse contribution pour rajeunir la grainothèque !

En juin :

Dans la serre, les pieds de tomates ont été attachées à des fils qui leur serviront de tuteur. A mesure qu’ils grandissent, on les fait tourner autour du fil.
Entre chaque pied de tomate, nous avons l’habitude de planter un pied de basilic. Les 2 sont censés s’entraider. Détails ici.

Nous sommes souvent une dizaine aux rendez-vous et de petites équipes se forment pour faire ci ou ça.
On en profite pour s’apprendre mutuellement de nouveaux trucs, comme ici le maniement d’un outil pour trancher l’herbe au raz du sol : bien pratique quand les herbes sont basses et pas trop denses, et ça a l’avantage de laisser les racines dans le sol, ce qui aère la terre et permet une meilleure pénétration de l’eau. Il faut juste trouver la bonne inclinaison du manche pour que la lame soit bien à plat et l’effort réduit.

Hors de la serre, nous avons planté un tuteur à coté de chaque pied de tomate, et nous avons eu un petit cours sur une manière efficace et rapide d’attacher le plant à son tuteur ; c’est un geste qu’on répète tout le long de la saison, il vaut donc mieux que ça soit rapide.
On fait un 8 horizontal avec le fil et on noue à la bonne longueur pour ne pas étrangler le plant qui va grossir, grossir.
L’essayer c’est l’adopter !
Avec le temps humide et assez chaud, tout pousse vite. Chaque fois que nous arrivons, nous faisons le tour des cultures et admirons l’œuvre de la nature. Soyons humbles : si ça pousse, notre rôle est juste de créer des conditions favorables.

Nous avons relevé le pan sud de la bâche pour laisser circuler l’air, ce qui limitera la prolifération de pucerons sur les tomates à l’intérieur, en tout cas on l’espère …


Sur le navire de Goely sur lequel les bénévoles sont embarqués, on fait avec les moyens du bord.

Pour retendre la bâche, un seul escabeau? On retourne la poubelle qui nous sert au tri des graines de laitues. Un peu de stretching et c’est bon.

L’équipe est pleine de ressources, d’engagement, d’esprit coopératif. Un vrai bonheur !

Vos commentaires et questions sont les bienvenus .

Billet du 8 avril 2023

Ça butine au soleil, beaucoup d’osmies

Au menu du jour :
– un témoignage sur le rassemblement à Ste Soline contre les méga-bassines
– premiers travaux du collectif du Pilat à Goely

Nous avons reçu ce témoignage d’un copain, loin du sensationnel des médias.
Pour vous éclairer, le point de vue de la Confédération Paysanne sur les méga-bassines : ici

Marc Bardin (de la Loire) :
Sainte-Soline, mon témoignage

De retour du rassemblement contre les mégabassines à Sainte-Soline avec mes ami.es, il m’a fallu un peu de temps pour retrouver mon esprit et ma sérénité. Une expérience inoubliable avec un sentiment partagé entre la colère et la tristesse et ce formidable partage que j’ai vécu avec ces milliers de personnes de tout âge mais surtout une très grande majorité de jeunes. Nous sommes arrivés très tôt le samedi matin à 7h sur le camp de base avec le déploiement des tracteurs de la Confédération Paysanne, juste le temps de prendre une petite collation et nous voilà partis en 3 cortèges : celui de l’anguille turquoise, de la loutre jaune, et de l’outarde rose, j’ai suivi la grande outarde en bois à travers la campagne, pendant qu’une équipe plantait une haie de trente mètres le long d’un champ. C’était joyeux, des jeunes tiraient une charrette sur laquelle ils avaient monté une sono et dansaient. Au bout de 2 heures de marche environ nous voilà en face de la bassine avec le cordon de CRS qui nous attendait, et l’hélicoptère qui tournoyait au dessus de notre tête et qui ne nous avait pas lâché depuis le départ.

D’un coup nous avons vu surgir une armada de QUADS, nous étions à 300m environ de la bassine aucune hostilité des 3 cortèges de 30 000 personnes qui arrivaient simultanément, et ce fut le début des tirs des militaires carapacés sur les QUADS avec le pilote devant et le tireur à l’arrière qui tirait à vue, sans discernement sur la foule pacifique.

Je témoigne avec vigueur que les hostilités ont commencé à ce moment précis avec ces tirs de LBD sur la foule. La préfète des Deux Sèvres et Darmanin mentent, les CRS n’ont pas répliqué à la violence des manifestants, c’est bien les forces de l’ordre en QUADS qui ont engagé la violence en ce moment là dès notre arrivé au pied de la bassine.

Puis c’est la valse des lacrymos qui commence, heureusement il y a du vent, plutôt de notre côté . Avec d’autre compagnons je prends des mottes de terre pour étouffer les gaz qui tombent à terre, je ne suis équipé que d’un foulard pour me protéger, les yeux piquent, c’est irrespirable, l’air est saturé de gaz, c’est bruyant, effrayant, certains s’écroulent au sol.

En fin d’après midi on est rentré et ce n’est qu’après-coup qu’on a compris que des blessé·es, il y en avait beaucoup, et de vraiment très graves qui n’avaient pu être pris en charge et évacués à l’hôpital.

Le soir en repartant, les barrages de gendarme contrôlaient tous les véhicules, et ils ont relevé notre d’identité.

Ce terrorisme d’État n’asséchera pas notre détermination à défendre la vie.

Nous sommes les soulèvements de la terre.

Marc Bardin

Un grand soleil mais un vent fort et glacial, voilà les conditions de nos premiers travaux ; on espère plus clément pour la suite.
Nous avons mis dans la nouvelle serre la table haute à tout faire. Depuis des années, elle a vu passer nos semis, rempotages, tris de graines, sans oublier les petits gouters pour entretenir le lien. Ça y est on est vraiment installé.e.s!

Pendant que des équipes balisaient le terrain et la serre pour positionner chaque future variété, une autre équipe a planté nos célèbres oignons patate (voir photo à la une du catalogue et en page 6). Des oignons qui produisent régulièrement, ne germent pas au printemps quand on les garde en cave, et qui sont très bons.
Une autre équipe (nous étions nombreux à nous geler et à faire quand même) s’est occupée des poireaux du Cheylard, une variété résistante à la sécheresse que nous avons semée en 2022. Comme c’est une bisannuelle, elle va fleurir et produire des graines cette année.

Nos tomates vont être repiquées en godets à Annonay et viendront à Goely après les bons soins de JC pour y être plantées définitivement dans un mois environ. Ce calendrier est bien adapté à notre contexte climatique local.

A bientôt !
Bon jardinage !

msloirepilat

Billet du 8 avril 2023

Ça butine au soleil, beaucoup d’osmies

Au menu du jour :
– un témoignage sur le rassemblement à Ste Soline contre les méga-bassines
– premiers travaux du collectif du Pilat à Goely

Nous avons reçu ce témoignage d’un copain, loin du sensationnel des médias.
Pour vous éclairer, le point de vue de la Confédération Paysanne sur les méga-bassines : ici

Marc Bardin (de la Loire) :
Sainte-Soline, mon témoignage

De retour du rassemblement contre les mégabassines à Sainte-Soline avec mes ami.es, il m’a fallu un peu de temps pour retrouver mon esprit et ma sérénité. Une expérience inoubliable avec un sentiment partagé entre la colère et la tristesse et ce formidable partage que j’ai vécu avec ces milliers de personnes de tout âge mais surtout une très grande majorité de jeunes. Nous sommes arrivés très tôt le samedi matin à 7h sur le camp de base avec le déploiement des tracteurs de la Confédération Paysanne, juste le temps de prendre une petite collation et nous voilà partis en 3 cortèges : celui de l’anguille turquoise, de la loutre jaune, et de l’outarde rose, j’ai suivi la grande outarde en bois à travers la campagne, pendant qu’une équipe plantait une haie de trente mètres le long d’un champ. C’était joyeux, des jeunes tiraient une charrette sur laquelle ils avaient monté une sono et dansaient. Au bout de 2 heures de marche environ nous voilà en face de la bassine avec le cordon de CRS qui nous attendait, et l’hélicoptère qui tournoyait au dessus de notre tête et qui ne nous avait pas lâché depuis le départ.

D’un coup nous avons vu surgir une armada de QUADS, nous étions à 300m environ de la bassine aucune hostilité des 3 cortèges de 30 000 personnes qui arrivaient simultanément, et ce fut le début des tirs des militaires carapacés sur les QUADS avec le pilote devant et le tireur à l’arrière qui tirait à vue, sans discernement sur la foule pacifique.

Je témoigne avec vigueur que les hostilités ont commencé à ce moment précis avec ces tirs de LBD sur la foule. La préfète des Deux Sèvres et Darmanin mentent, les CRS n’ont pas répliqué à la violence des manifestants, c’est bien les forces de l’ordre en QUADS qui ont engagé la violence en ce moment là dès notre arrivé au pied de la bassine.

Puis c’est la valse des lacrymos qui commence, heureusement il y a du vent, plutôt de notre côté . Avec d’autre compagnons je prends des mottes de terre pour étouffer les gaz qui tombent à terre, je ne suis équipé que d’un foulard pour me protéger, les yeux piquent, c’est irrespirable, l’air est saturé de gaz, c’est bruyant, effrayant, certains s’écroulent au sol.

En fin d’après midi on est rentré et ce n’est qu’après-coup qu’on a compris que des blessé·es, il y en avait beaucoup, et de vraiment très graves qui n’avaient pu être pris en charge et évacués à l’hôpital.

Le soir en repartant, les barrages de gendarme contrôlaient tous les véhicules, et ils ont relevé notre d’identité.

Ce terrorisme d’État n’asséchera pas notre détermination à défendre la vie.

Nous sommes les soulèvements de la terre.

Marc Bardin

Un grand soleil mais un vent fort et glacial, voilà les conditions de nos premiers travaux ; on espère plus clément pour la suite.
Nous avons mis dans la nouvelle serre la table haute à tout faire. Depuis des années, elle a vu passer nos semis, rempotages, tris de graines, sans oublier les petits gouters pour entretenir le lien. Ça y est on est vraiment installé.e.s!

Pendant que des équipes balisaient le terrain et la serre pour positionner chaque future variété, une autre équipe a planté nos célèbres oignons patate (voir photo à la une du catalogue et en page 6). Des oignons qui produisent régulièrement, ne germent pas au printemps quand on les garde en cave, et qui sont très bons.
Une autre équipe (nous étions nombreux à nous geler et à faire quand même) s’est occupée des poireaux du Cheylard, une variété résistante à la sécheresse que nous avons semée en 2022. Comme c’est une bisannuelle, elle va fleurir et produire des graines cette année.

Nos tomates vont être repiquées en godets à Annonay et viendront à Goely après les bons soins de JC pour y être plantées définitivement dans un mois environ. Ce calendrier est bien adapté à notre contexte climatique local.

A bientôt !
Bon jardinage !

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